
Par José Piñera
José Piñera est le président de lInternational Center for Pension Reform basé à Santiago et le co-président du projet de Cato Institute sur la privatisation de la Sécurité Sociale.
Il y a plus de jeunes Américains qui croient aux OVNI que ceux qui pensent recevoir un chèque de la Sécurité lors de leur départ à la retraite. Parmis tant dautres choses, cest la terrible punition dun programme gouvernemental qui suit son cours.
En 1883, quand Otto Von Bismarck créa le système de retraite par répartition, il na jamais pensé que la plupart des gouvernements du monde occidental adopterait son modèle; et quun siècle plus tard tous ces systèmes les mèneraient vers la faillite. Labsurdité du système par répartition est comparable à celle trouvée dans louvrage de Franz Kafka dont les jours travaillés dans une institution de la Sécurité Sociale a du être la source de son inspiration.
Il ne reste plus quà dire que dans le monde entier les administrateurs de la Sécurité Sociale doivent faire des cauchemars au sujet des découvertes biotechniques comme la DHEA qui pourraient permettre à de plus en plus de personnes de fêter leur 100e anniversaire. Dans un certain sens, ceux sont aussi des cauchemars autours dune espèce de métamorphose mais pas aussi effrayants que ceux des insectes géants.
Le système pourrait survivre longtemps si les gens avaient plus denfants, puisque les travailleurs actifs paient les retraites des inactifs. Mais le contraire se produit dans tous les pays riches incluant les Etats Unis.
Je viens dun pays lointain que les conquérants Espagnols ont dabord appellé Finis Terrae (Terre lointaine). Puisque nous habitons dans un village mondial, je peux vous apporter une idée lumineuse, qui peut sauver la Sécurité Sociale en privatisant ses provisions. Il y a 16 ans, nous avons essayé cette idée au Chili (cf "Empowering Workers: The Privatization of Social Security in Chile" ). A lâge de 30 ans je suis devenu Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale au Chili et avec une équipe jeune et créative, jai mis au point une réforme. Nous ne nous sommes pas demandé, "Pourquoi?" mais plutôt comme lavait conseillé Bobby Kennedy, "Pourquoi pas?"
En effet, pourquoi pas un meilleur système de Sécurité Sociale pour tous les travailleurs? Pas seulement ceux qui ont de largent pour côtiser à une retraite complémentaire mais aussi pour ceux qui ne peuvent pas se permettre dépargner à cause des taxes onéreuses. Nous avons trouvé une idée simple: permettre à chaque travailleur de mettre leur retenus sur les salaires sur un compte épargne retraite individuel où ils pourraient avoir un oeil sur leur argent (ou comme on dit en espagnol, "la plata donde mis ojos la vean"). Bien sur, tous les oeufs ne seraient pas mis dans le même panier. Les travailleurs pourraient avoir leur propre capital à leur retraite. Le système entier serait géré par des entreprises privées sur un marché très compétitif (pas de barrière dentrée, pas de premier avantage pour des banques ou des institutions financières). Les comptes épargnes retraites pourraient être transposable donc les travailleurs pourraient les transférer vers une autre compagnie.
Peut-être la tâche la plus difficile était de combiner une prudente transition vers le nouveau système. Nous avons établi 3 règles :
"Ne pas faire de mal à ta grand mère" (garantir les avantages pour ceux déjà à la retraite).
"Donner le libre choix au travailleur" (offrir le choix de rester dans le système par répartition ou de refuser volontairement).
"Ne pas accumuler davantage de dettes pour tes petits enfants" (fermer la porte au système par répartition aux nouveaux travailleurs).
Nous avons aussi trouvé un choix raisonable de financement qui diminue les coûts sans augmenter les taux des taxes.
Le résultat? Aujourdhui 9 travailleurs sur 10 ont opté pour le système par capitalisation. Ils ont reçu un taux de retour moyen de 12% au dessus de linflation pendant 15 ans. Le sujet a été dépolitisé et la sociéte civile renforcée. Léconomie, ce qui nest pas surprenant, a aussi bénéficié davantage dépargne (le Chili a un taux dépargne de 27% du PNB), une plus grande productivité du capital (investi à travers les marchés) et plus dembauche depuis que la taxe sur lemploi a été supprimée (le taux de chômage est de 5.5%). Finalement une plus grande croissance et davantage dopportunités pour tout le monde.
Joe Klein est venu au Chili, cette fois pas dans lanonymat, pour voir si tout cela était vrai. Dès son retour aux Etats Unis il a écrit un article intitulé "Si Chili peut le faire " pour Newsweek. "Le système Chilien, écrit-il, est peut-être la première idée de politique sociale qui émane de lémisphère sud." Si mon fils ainé, né à Boston et en possession dun passeport Américain viens travailler ici dans le futur, peut-être quil pourra transférer son fond de retraite dun compte épargne retraite Chilien vers un compte épargne retraite Américain.
(Cet article a été publié originalement par le magazine Wired).
(Traduit par Sylvie Jappe).
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